3- Ma mère

Publié le 27 Février 2013

- Simon, tu veux bien sortir de ta chambre mon chéri? cria ma mère de l’autre côté de ma porte en continuant de tambouriner.

- Qui est cette femme? me demanda Abrahel intriguée.

- C’est ma mère, répondis-je en chuchotant.

- Qu’est-ce qu’elle fait chez toi?

Abrahel n’avait selon toute vraisemblance pas compris le message que j’avais tenté de lui adresser en lui parlant à voix basse, je lui fis donc signe de se taire de manière un peu plus explicite. Elle fit de nouveau sa tête de contrariée.

- C’est compliqué, lui dis-je finalement, n’ayant ni le temps ni l’envie de me lancer dans une analyse sociologique liée au fait que je vivais toujours chez mes parents.

- Simon? insista ma mère de l’autre côté de la porte.

- Une minute maman, je suis occupé!

- A qui tu parles mon chéri?

- Euh... A personne.

- J’ai entendu une voix de femme!

Je commençais à perdre patience.

- La télé. Si maintenant tu pouvais me laisser tranquille cinq minutes...

Je l’entendis s’éloigner un peu et je crus naïvement, l’espace d’un instant, qu’elle avait abandonné. Il n’en était rien car je l’entendis alors interpeller mon père dans le salon:

- Michel? Je crois que ton fils est encore en train de se masturber. Est-ce que tu pourrais faire quelque-chose?

Je crispai les poings d’exaspération. Abrahel me lança un regard mi-amusé, mi-consterné. Il est vrai qu’à ce moment précis, je ne devais pas tout à fait donner l’image d’un futur monarque régnant sur l’humanité. Soit. La situation empira encore un peu lorsque j’entendis mon père se lever de sa chaise et venir en direction de sa chambre.

- Merde, il arrive, dis-je paniqué.

Abrahel me regardait, stoïque. Son expression avait clairement basculé en faveur de la consternation.

- Mais ne reste pas là! m’énervai-je (toujours en chuchotant), cache-toi quelque-part!

- Où ça? fit-elle d’un air blasé.

Je jetai un rapide coup d’oeil circulaire autour de moi pour constater qu’en effet, ma chambre ne recelait d’aucune cachette de quelque sorte que ce soit. Je la pris par les épaules et la plaçait à côté de ma fenêtre, derrière mes rideaux. Le camouflage n’était pas idéal puisque qu’on pouvait clairement distinguer la forme de son corps au travers du tissus et les rideaux lui arrivaient à peu près au niveau des genoux.

- Simon, je peux entrer? me demanda mon père depuis le couloir.

- Ne bouge pas et ne fais pas un bruit, ordonnai-je à Abrahel.

J’allai ensuite m’asseoir sur mon lit, attrapai un classeur qui traînait par terre et fit mine d’être plongé dans d’intenses révisions.

- Bon euh... J’entre, fit mon père hésitant.

Bon, pas de problème, je crois que je gère parfaitement la situation, me dis-je alors qu’il ouvrait la porte de ma chambre.

 

Rédigé par Béranger Jouvelle

Publié dans #livre 1

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