6- Morning Glory

Publié le 10 Mars 2013

Le réveil fut d’une rare violence ce matin. Sur les coups de sept heures Abrahel s’est jetée sur mon lit et s’est mise à me secouer en glapissant:

- Réveille-toi, réveille-toi!

J’ouvris péniblement les yeux et je l’aperçus au dessus de moi, l’air paniquée.

- Qu’est-ce qui se passe? bredouillai-je.

J’étais encore dans un état de demi-sommeil lorsqu’elle m’annonça:

- Je crois qu’il y a un enfant qui rode dans ta maison.

Je crus tout d’abord que mes oreilles me jouaient des tours car il me semblait n’avoir jamais entendu quelque-chose d’aussi ridicule.

- Hein? Qu’est-ce que tu dis?

Elle m'agrippa et me redressa violemment.

- Tu m’écoutes ou quoi? s’énerva-t-elle. Il y a un enfant dans cette maison, j’en suis sûre, je l’ai entendu se mouvoir, avec ses petits pieds. J’ai entendu sa voix aussi...

- Oui, confirmai-je. C’est Jérôme, mon petit frère...

- Oh non, c’est pas vrai...

Elle secoua la tête d’un air désespéré. Bien que sur le moment cela ne m’intéressait pas le moins du monde, je lui demandai tout de même ce qui n’allait pas, pour ne pas froisser une fois de plus sa susceptibilité.

- Je déteste les enfants, me confia-t-elle. Ils me font peur, avec leurs petits yeux cruels... Ce sont les créatures les plus fourbes qu’il soit.

- T’en fais pas un peu trop?

Ce fut une nouvelle fois perçu comme une remarque inconvenante et elle me lança un regard noir.

- Cette maison, grogna-t-elle, c’est pire que l’enfer.

Elle se tenait toujours accroupie au dessus de moi, légèrement penchée en avant. Bien que cela soit inapproprié au regard de la situation, j'avais du mal à détacher mes yeux de sa poitrine généreuse engoncée dans son corset de cuir. Je sentis alors poindre une érection, on ne peu plus involontaire, qu'il m'était difficile de réprimer. La situation devint vraiment embarrassante lorsque mon sexe tendu se mit à effleurer les fesses d'Abrahel au travers de mon caleçon. Elle fronça les sourcils et son regard se porta sur mon entrejambe.

- Euh... C'est pas ce que tu crois, dis-je avec un sourire crispé.

- Ah bon? T'es pas en train de bander en matant les seins?

J'abdiquai. Essayer de trouver une explication convenable était bien au dessus de mes forces.

- Bon, si. C'est bien ce que tu crois...

Un sourire un brin pervers se dessina sur son visage:

- Est-ce que tu veux que je te laisse tranquille cinq minutes, le temps que tu te masturbes? Ou peut-être qu'au contraire tu voudrais faire ça en continuant d'admirer ceci? proposa-t-elle en se massant langoureusement la poitrine.

La situation devenait insupportable. Il fallait prendre les choses en main (sans mauvais jeu de mot). Je la fixai donc dans les yeux et lui dis d'un air qui se voulait résolu:

- Ça te dit un petit-déj?

Rédigé par Béranger Jouvelle

Publié dans #livre 1

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